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Titre du blog : courrédjole à l'Ayrolle
Auteur : lataraillettealn
Date de création : 12-05-2008
 
posté le 30-07-2012 à 16:23:47

Heureusement qu'il y a eu Arthur

Hier donc, vous disais-je, j’avais à faire dans l’après-midi : préparer la seconde partie ma mise en coffre, une fois chargés les enclumes (parasols et leurs pieds de 10 kgs, table et chaises)  sortis de la cave et amenés jusqu’à la voiture. Là, il s’agissait de mettre au point l’ensemble de la communication (prix, affiches, choix des articles à présenter et à travailler sur place…), puis, une fois ceci prêt, de descendre le restant (4 allers-retours sur 3 étages). Ca m’a pris du temps, car je ne sais pas faire ces choses là vite, d’autant plus sous une chaleur torride. Enfin, de nature plutôt nocturne, j’ai eu du mal à me coucher et, une fois au lit, autant à bien dormir. A 6H30, réveil ; juste quand je commençais à fermer l’œil. Je me lève maussade mais déterminée. Une heure plus tard, douchée, caféinée et à peu près réveillée, je roule pour ma destination, un autre village à 40 mns d’ici. Peu de monde sur la route (officiellement, jour de repos) et une jolie lumière dans un paysage de plus en plus sauvage puisque je me dirige vers la Lozère. A l’entrée du village, point de panneau ni personne pour m’accueillir. Ici et là, des stands s’installent et je quémande. On me dit d’aller plus loin pour trouver réponse. Devant le monument aux morts, un petit groupe féminin semble en grande discussion. Je l’interpelle, vitres baissées et me présente à ce qui semble être la responsable. « Où suis-je placée ? ». Elle me désigne une place à côté d’un autre vannier (je croyais avoir compris qu’il n’y aurait pas d’autre représentant de la profession ??...). Sur cet emplacement (en plein soleil alors que l’on m’avait promis une place à l’ombre) dorment deux voitures qui le mangent presque totalement. Je proteste. Je me suis levée tôt et n’apprécie guère de devoir maintenant attendre pour m’installer ! On se tortille, s’interroge gênés. Mes voisins prennent mon parti et les concernés commencent à s’agiter pour trouver les propriétaires des automobiles à déloger. Au bout de 20 minutes, un premier nom jaillit. Il s’agit d’une femme qui habite à côté, mais « On ne peut pas la réveiller » me chuchote en tremblant une bénévole. « Vraiment ? ». Je suis sur le point d’y aller moi-même quand elle m’avoue qu’il faut que ce soit « Michel » qui se charge de la besogne, la dame en question ayant mauvaise réputation. Dix minutes plus tard, Michel ayant été retrouvé, un personnage mince et plat au visage fermé vient bouger l’engin en maugréant qu’à cette heure çi (9H20) il devrait dormir. « Moi aussi, Monsieur » lui rétorque-je sans ambages. « C’est une dame » me glisse alors la bénévole effarouchée…
Un instant surprise vu l’allure masculine d’icelle, cette bévue me ravit comme une petite vengeance. Le second larron, un jeune homme souriant, débarrasse sa voiture 5 minutes plus tard en s’excusant. Entretemps, grilles, tables et chaises demandées m’ont été apportées et je peux enfin déballer et installer mon stand, près d’une heure après mon arrivée !

A dix heures, heure où débute mon atelier ouvert au public, je vais moi-même annoncer celui-ci  en régie à la place de la jeune fille qui, terrorisée par le micro, ne peut se résoudre à le faire. Puis, je commence à travailler devant les quelques badauds qui passent mais s’arrêtent à peine. Tandis que je suis en grande conversation vannière avec mon couple de voisins, j’entends une des bénévoles (celle qui m’a invitée à cette journée) lancer « Eh bien moi, je veux bien m’inscrire pour l’atelier mais  je ne pourrai payer que plus tard ». « Ah, mais c’est qu’ici on paye tout de suite » lui réponds-je sur le même ton. Je n’ai aucune envie de faire un effort vu les circonstances et je lui proposerai ensuite de s’inscrire pour l’après-midi.

Vers 11h, le cauchemar commence ; le café d’à côté décide de faire manger ses  clients dans une ambiance sonore démesurée, tandis que le soleil se fiche éperdument de mes parasols, installés à grand peine. Les paniers souffrent et moi aussi. En guise d’évasion, je vais farfouiller à l’épicerie du coin pour acheter de quoi grignoter. Lorsque je reviens, mon voisin de sculpteur m’implore avec un « Vous êtes là entre midi et 2 ? ». Je ne lui garantis rien car éprouvée par un environnement qu’il me confirme percevoir comme également nuisible. Il enferme donc ses outils pour s’échapper tandis que je m’apprête à repartir à la découverte des autres stands parsemés dans les rues et places du village. Un garçonnet de 8 ans, Arthur, fabrique de visages et personnages en galets de rivière, qu’il propose aussi en magnets. Il me montre avec fierté sa trousse à sous bien plus remplie que la mienne. Nous discutons. Je lui demande ce qu’il fera avec l’argent gagné. « Je rachèterais de la colle et des aimants ».  Je lui dis qu’il a eu une bonne idée et que les gens lui achètent plus volontiers car c’est moins cher qu’un panier. « Et aussi parce que je suis un enfant… » me répond-il en toute humilité. Ce gamin ira loin, à mon avis.

 

 

J’avise un peu plus haut une place bien agréable de fraîcheur et d’ombre ; un petit air d’accordéon y résonne gentiment et tout y semble bien plus tranquille qu’en bas, où il me faut pourtant revenir. Je n’ai pas encore décidé et puis… Je me dirige machinalement vers ma voiture. Le temps de décrocher, replier et ranger, et il est 14 H alors que j’étais censée rester jusqu’au soir. Je ne peux tout simplement pas. Je saluerai la responsable présente en lui expliquant mes raisons : le bruit, la déception, la confusion des genres. Elle le prend  d’abord de haut puis, me voyant insister sans agressivité, se ravise. Elle m’explique que les associations qui organisent ce marché n’ont apparemment pas les mêmes intérêts et qu’il y manque une coordination, m’encourage à faire remonter mon avis pour que les choses évoluent… Moi, je sais que cela va me rendre encore beaucoup plus vigilante à l’avenir et qu’heureusement qu’il y a eu Arthur…

 

 
 

Commentaires

luside le 01-08-2012 à 12:26:26
En fait, je ne vends riuen sur les marchés car il me faudrait y venir régulièrement pour y avoir une place. Mon rythme de fabrication n'y survivrait pas... Ceci explique aussi pourquoi les revendeurs y sont (hélas !) plus nombreux (en matière d'artisanat) que les producteurs...
Françoise R le 31-07-2012 à 16:57:38
Eh ben ma pauvre ... toi et tes paniers tellement poétiques ... mais t'étais où ? Et tu n'as jamais eu envie de faire le marché d'Uzés ,pour changer ? je n'y ai jamais vu de paniers artisanaux , et c'est plein de touristes qui meurent d'envie de s'acheter des jolies choses ...