posté le 27-08-2012 à 22:24:08

Sébastien

Je suis arrivé le 24 août à 8H13 dans la grande ville de Nîmes. Ebloui par la blancheur du monde, j’entrouve rarement les paupières, ne laissant voir qu’à peine mes yeux d’un bleu sombre. Le temps de m’adapter. Tout autour de moi circulent des voix ; mélodieuseset féminines le plus souvent. Papa est là aussi ; il sait me changer et me donner à manger et ça arrange maman, qui a besoin de se reposertout comme moi. Je ne cesse de dormir, sauf quand j’ai mal au ventre. Alors, je me raidis, me tortille, me dresse sur mes piedspour chasser la douleur. Parfois je crie d’énervement, de rage  à ne savoir comment sortir de ces coliques. Pour me calmer, on me donne la sucette ; ça m’occupe juste assez pour me détendre et … je me rendors. Mamy Kiki et sa maman (mon arrière grand-mère) ont de très grandes mains.
 


 
 
posté le 17-08-2012 à 23:48:15

Romero Tizac

C’est le nom du jeune prodige de 21 ans, qui donnait un concert de guitare acoustique ce soir à l’église de Ste Croix de Caderle. Quelle merveille ! Quel talent ! En l’écoutant, mon esprit vagabondait vers de nouveaux paniers à tresser. Et enfin, j’ai entendu de la VRAIE MUSIQUE ; celle qui raconte une histoire à celui qui en joue pour celui qui entend, celle qui déroule un fil et entraîne au voyage créatif. Romero, timide et beau, apprend la guitare depuis l’âge de 6 ans ; d’origine mexicaine, il a le teint mat et le cheveu sombre. Mais tout son art respire la lumière et l’inspiration, la maîtrise et la passion. Je suis allée le remercier pour ce beau moment et il réagit comme s’il ne le méritait pas. Humblement. A la sortie, la corbeille regorgeait de billets ; le mien vint s’y ajouter sans regret.
 


 
 
posté le 17-08-2012 à 20:18:51

Mmmn…

aperçu

« Allo c’est FP ? » « Ici, FT, si tu te rappelles de moi… ? » « Oui, je me rappelle : tu es l’ex-amie de V ? ». « Ex-amie » ; pour quelqu’un qui tenait alors un magasin bio et fut, à ce titre avec son compagnon d’alors (devenu « ex » depuis, lui aussi), invitée à nous rencontrer sur notre terrain de producteurs,l’appellation me paraît bougrement réductrice. On dirait bien que le regard du V en question a déteint sur FP, qui le nomme comme un être familier, voire sympathique. Du coup, je m’interpelle : collouer avec une telle en ces termes ? De plus, je suis parfois carnivore et fumeuse. Et pour couronner le tout, je ne supporte aucune limite imposée d’emblée (sauf si elle est évidente) ! Bon, j’ai quand même pris RV pour demain, histoire de voir le mas… et de sentir l’atmosphère (« mes énergies » qu’elle dit – Ciel, mais dans quelle étagère ?). Mmmn...

 


 
 
posté le 16-08-2012 à 04:03:35

Homme, terre inconnue

J’étais en admiration devant son cou, ses épaules, son menton, sa bouche. Je n’aimais pas ses yeux, souvent froids et perçants, inquisiteurs indiscrets d’une vie qui ne les regardait pas. J’aurais voulu me lotir simplement dans ce torse accueillant, partager avec lui le non-dit de mes réticences (ses jambes grêles et noueuses, son sexe trop petit démesurément gonflé d’emblée) et l’envie que j’avais de les dépasser sans heurt, à force de jouissance langoureuse avec tout ce qui m’attirait dans le haut de son corps. Dès le premier soir, nos incompatibilités se sont révélées ; allongés côte à côte, rien ne semblait pouvoir nous réunir. Lorsque, lasse de cet immobilisme, je me préoccupais de lui, parcourant sa peau sous des doigts qui se voulaient caressants, je ne percevais aucun signe particulier, comme si l’homme qui se trouvait sous ma main ne ressentait rien. D’ailleurs, il me réclamait plus, prétextant que son côté féminin lui octroyait cet avantage. J’étais désarçonnée, le houspillant pour qu’il s’insurge, se redresse et me montre combien il me voulait. Un fiasco épuisant d’insatisfaction mutuelle, encore augmenté par la séparation de nos couches avec ses ronflements insupportables.
 


 
 
posté le 11-08-2012 à 22:53:21

Bobo !

C’est juste ce que je suis arrivée à me faire sous le genou droit par 36 ° à l’ombre alors que j’escadayais mal à propos des pierres pentues me barrant l’accès aqueux. Auparavant, j’avais, agacée, subi les assaults verbaux d’un dénommé « La Planque », drapeau français arboré, me toisant nerveusement du haut de son grillage, sous prétexte qu’un panneau de stationnement interdit voisinait le mien parking. « Tudieu » lui fis-je « La place est assez large pour passer ! Si vous ne m’en croyez, venez y voir donc ! ». L’homme cependant continuant d’aboyer, je lui tournai le dos me dirigeant vers la rivière, aussi prestement que l’envie me tenait de me rafraîchir toute entière en fuyant l’ignoble justicier (si encore il avait été Steve Mac Queen !!!). C’est alors que, toute à mon empressement, je glissais sur un faux plat et qu’en voulant me rattraper, la douleur du mouvement stoppé par des cartilages inféodés, m’en empêcha. » Aie ! » fit mon tibia heurtant la pierre anguleuse. Et je repartis clopinante à la recherche d’un gour pour finalement me tremper dans 28 cms d’eau algueuse, excédée du chemin tortueux qui n’en finissait pas. Après quoi, ayant clôturé cette journée mal embouchée, je me rapatriais vers le plus sur endroit à 20 mn de là ; ma douche.
 


 
 
posté le 08-08-2012 à 13:14:07

A ma santé !

Parce que ce matin m’a vu émerger presque reposée vers 5h30, et que le temps de m’ébrouer, me toiletter, repasser quelques vêtements (à la fraîche !), petit-déjeuner en écoutant distraitement la radio du jour, il était déjà 7 H. Et que peu après, je roulais vers St Hippo pour une consultation avec mon peut-être futur médecin traitant, le mien venant de prendre sa retraite sans être remplacé. La salle d’attente contenait déjà 3 personnes. Vers 9 H, je fus appelée. Il y avait désormais 6 personnes derrière moi. L’homme me parut de suite sympathique et fiable. Lorsque je lui révélai être une ex-patiente de Dr N et chercher un nouveau médecin « attitré », il ne me laissa pas terminer : « Ma chère Madame, si je peux vous accepter, je dois cependant vous prévenir que je ne monte pas jusqu’à chez vous, en cas d’urgence, mon territoire ici bas (nous sommes en garrigue) étant déjà bien occupé ! ». Cet aspect des choses donne effectivement à réfléchir. Car, si un médecin de garde peut toujours être appelé en cas de besoin, il n’a pas connaissance de son patient comme le médecin traitant. Ceci dit, j’ai déjà vu un médecin traitant faire plus de conneries avec son patient « attitré » que certains « externes ». Donc et or, après quelques tergiversations bien excusables, je crois bien que Dr S me retrouvera sur son chemin. En effet, cet homme, après m’avoir écoutée (car ne vous imaginez point que j’ y allasse pour des prunes), auscultée et pris connaissance des récents examens que j’eus à subir, m’éclaira d’une nouvelle lueur sur un point de vue que je soupçonnais déjà incomplet voire obtus à ce sujet. Me voici donc lancée dans une recherche plus approfondie de l’origine du mal, au su de ses informations.
 


 
 
posté le 04-08-2012 à 22:56:34

Sarah et Sylvain. Nous. L’orage maintenant. Quelle bonne, quelle belle soirée ! D’abord, j’avais préparé mon dîner : fondant ardéchois à la compote d’abricots, melon, salade de tomates et poivrons mêlés du jardin, nouilles "al dente" et côtes de porc de chez Guilhem, dans les bois de la vallée borgne. Nous sommes allés au jardin ; Sylvain grapillait mûres et framboises tandis que je leur remplissais un sac de tomates et courgettes. Après quoi, nous sommes allés nous raffraîchir à la terrasse de Mélanie. Mon fils et moi avons pris un bissap(infusion froide de fleurs d’hibiscus et d’oranger) et ma belle-fille un verre d’eau avec des glaçons. La rue à l’ombre, en pause indolente nous a tempérés. De retour à la cuisine, Sarah fixait l’horizon. « J’aimerais bien habiter là-haut ». Le château de Solies abrite encore les frères Cazenove, d’entre 75 et 92 ans. Il reçoit en premier les rayons du soleil qui le quittent aussi en dernier. C’est un privilège, certes. Cependant, je doute, pour avoir succintement pénétré les lieux, que l’hiver y soit doux.
 


 
 
posté le 04-08-2012 à 14:51:54

Oyez, oyez !

Car je suis décidée, cette fois. Plus qu’à prendre des photos, des lieux ; « maison et jardin ». Pour la maison (1 vraie chambre, 1 chambre-bureau et 1 atelier), elle est au 3 étage. La vue côté nord y est fort belle (jardin, pelouse et terrasses parsemées de maisonnettes). Côté sud, un grand salon agrémenté de vitres et portes donnant sur un balcon abrité (une table, deux chaises et 1 fauteuil), s’ombrant à volonté de stores brise-vues. Là, ç’est encore la montagne, après la cour. Côté cour, le claquement métallique des boules de pétanque entre 19 et 21 H, les aboiements deschiensduvoisin (le seul propriétaire alentours) le samedi matin uniquement entre 7h et 8h, les deux pétrolettes desfilsduvoisin (le même) entre 7h et 23h (ça ne dure jamais longtemps mais juste assez pour me mettre les nerfs !). Et avec ça, je vous le vends ! Enfin non, je vous le prête… mon appartement. Et tout pareil le jardin (150 m2 à 10 mns à pied), avec ses mures, framboises, haricots et oignons, persil et basilic, tomates etc. En plus des fleurs : clarkias, glaïeuls, statices, immortelles, roses, lys, cosmos, lupins, mufliers, nigelles, marguerites (mais attention les reines !). C’est pas gratuit, non. C’est en échange d'autant ou mieux dans un pays près de l’océan, où j’ai la place pour travailler (mes stages, mes créations), grignoter en succulence et ballader au frais à vélo et à pied (ici c’est rivière, farniente et soleil) ; comme mes meilleurs amis bretons sizent à Sarzeau, je cherche plus dans ce coin là, mais toute ouverte à d’autres fantasmes ! Pour quand ? Semaines 37 et 38 (septembre), juste avant ma rentrée et pis aussi l’an prochain, en été, plus longtemps. Faites passer le message ; j’ai hâte, parce que si ça marche, je compte faire la même chose en Suède, pis dans plein d’endroits où qu’j’suis jamais allée, na !
 


 
 
posté le 01-08-2012 à 00:02:19

Sete

Il fallait conduire Laurent à l’aéroport, ce matin. Il partait rejoindre sa belle en Suède. L’endroit est tout petit et du fait, l’atmosphère s’y trouve détendue, familière. Tous ces gens qui seront en 3 heures transportés de Béziers à Stockolm, je les ai enviés ; pourquoi n’irais-je pas moi aussi ? Rien que d’être baignée d’un langage étranger semble me rendre heureuse, donner à la vie une nouvelle palpitation, excitante, porteuse… Laurent dit que là bas, la vie est meilleure, en propreté, en argent, en « équilibre ». Lui, il est cuisinier, gardois et même cévenol. Elle est venue en France, y a rencontré le père de ses deux filles, puis Laurent. Elle est un peu forte, ferme et douce, généreuse et volontaire ; la colère d’icelui s’y est soumise totalement. J’admire, prends note en regrettant parfois de ne pouvoir être ainsi, moi la passionnée, l’étourdie, l’organisée et l’enthousiaste têtue ; paradoxe vivant bien difficile à suivre !